Go to menu Go to content

Essais routiers

Dodge Caliber 2009

Bel effort mais,

non merci !

Par Carl Nadeau

La Caliber est une voiture qui ne peut tout simplement pas rivaliser avec les ténors de sa catégorie, sa finition est pour le moins ordinaire (surtout sur les versions de base), et ses performances déçoivent. Je me mords encore les doigts d'avoir été séduit lors du lancement mondial, quel retour à la réalité lors d'un essai sur nos routes.

Carrosserie

Au premier regard, la silhouette musclée plaît à plusieurs. Le nez nous rappelle des modèles beaucoup plus réussis par Dodge, et les renflements d'ailes contribuent à l'allure masculine, surtout sur la SRT4. D'ailleurs, la SRT4 se distingue de toutes ses rivales, elle sort du lot, mais ne fait pas l'unanimité. Pour ma part, je ne suis pas insensible aux grosses roues et à la largeur de l'ensemble, aux appendices aérodynamiques et aux gros freins. Dommage qu'elle soit si haute sur pattes.

Habitacle

C'est là que ça commence à se gâter; on a droit à un festival de plastique d'un goût douteux. L'intérieur spacieux permet d'accueillir 5 personnes qui pourront se changer les idées en buvant une bouteille d'eau refroidie dans la boîte à gants, en tentant d'oublier les sièges qui manquent de maintien, les bruits de caisse et l'inconfort de la suspension. Les cadrans sont difficiles à consulter le jour, puisque le soleil y reflète passablement, et le volant semble sorti d'un camion. Les genoux sont gênés par des protubérances de la console, mais cette gêne n'est rien si vous la comparez à celle que vous aurez si un propriétaire de Honda Fit ou de Nissan Versa fait un test comparatif d'intérieur.

Mécanique

Les moteurs sont assez rugueux, et les boîtes de vitesses, correctes, sans plus. Mais honte à la boîte CVT qui nous rappelle que le système n'est pas encore au point. Elle est déjà désagréable sur une Nissan qui est bien mieux conçue, imaginez sur la Caliber… La SRT4 sauve la mise avec sa mécanique ultra performante; le turbocompresseur ne se fait pas trop attendre, et le levier de vitesses se manie vite et bien, pour tirer le meilleur de la mécanique. Les freins répondent présents pour limiter les ardeurs du conducteur qui devra porter constamment attention à sa vitesse. Sur le papier, la voiture est plus puis-sante que l'ancien SRT4, mais il est suicidaire de tenter d'adopter le même style de conduite qu'avec l'ancienne génération, vraiment mieux adaptée à la conduite inspirée. Dommage qu'il y ait tant d'effet de couple dans le volant, et que le châssis ne suive pas la danse.

Comportement

Vous voulez vous faire peur et terroriser vos passagers, voici un exercice simple : accélérez à fond avec la SRT4 sur surface cahoteuse (facile à trouver au Québec) et freinez brusquement pour faire un arrêt. Les coups que vous entendrez et sentirez dans le plancher de la voiture feront hurler les plus fervents amateurs de montagnes russes ! Les coussinets de suspension sont vraiment mous; quand les immenses pneus ont de la motricité, et que la puissance se déchaîne ou simplement quand les freins Brembo font leur travail, le train avant émet des cognements similaires à des coups de massue sur le plan-cher. Rassurant, très rassurant, allez hop pour la tenue de route. Il y a pourtant de bons éléments comme des barres antiroulis qui font un bon travail, et les immenses pneus qui s'accrochent bien au bitume.

Conclusion

Je ne peux référer la Caliber à qui que ce soit, elle fait partie d'une catégorie de voitures extrêmement concurrentielle, et elle a bien du mal à suivre la parade. Pour ce quelle offre, Chrysler devrait nettement abaisser le prix, surtout que sa valeur de revente est assez ordinaire après quelques années. Heureusement que Dodge offre d'excellents modèles dans les autres catégories !

Deuxième avis : Daniel Rufiange

La Caliber n'est pas née d'une mauvaise idée ni d'une mauvaise intention. Cependant, on semble avoir fait les choses de façon très brouillonne. D'abord, aucun moteur ne semble adapté à cette carcasse auquel je ne m'habitue pas. Le 1,8-litre est anémique, le 2-litres, peu reluisant, le 2,4-litres, une véritable plaie; ne reste que les 285 chevaux de la version turbocompressée de ce moteur pour se régaler. Soyez averti que vos avant-bras auront besoin de tenir le coup; on a l'impression de tenir la bride de Big Brown nourri aux grains vitaminés. Et il y a cette horrible boîte de vitesses CVT; l'entendre striduler rend fou furieux ! Reste les qualités de la voiture : son prix, son espace et son style, qu'on aime ou non !