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Essais routiers

Jeep Patriot 2009

Un simple soldat

Par : Pascal Boissé

Bien qu'il ait l'aspect d'un vrai tout-terrain, le Jeep Patriot hérite de la plateforme mécanique de la Dodge Caliber, tout comme son quasi-jumeau le Jeep Compass, d'ailleurs. Les études de marché avaient démontré que l'allure de ce dernier déplaisait souverainement aux amateurs de Jeep traditionnels. Alors, on a cru bon de créer le Patriot pour rallier les inconditionnels de la marque. Et contrairement au Compass, qui cherche à plaire aux femmes, le Patriot cible une clientèle majoritairement masculine. De là à conclure qu'il s'agit d'un véritable Jeep qui fait honneur au passé glorieux de la marque, il y un pas que je ne franchirai guère…

Carrosserie

Nettement plus réussi en termes visuels que celui du Compass, le dessin de la carrosserie aux angles équarris du Patriot donne clairement dans l'utilitarisme. Certains lui trouveront même une ressemblance avec l'ancien Jeep Cherokee avec ses flans plats et son aspect fonctionnaliste qui exprime très bien le credo de la marque Jeep. Mais dans le cas du Patriot, il s'agit un peu d'une tromperie car, contrairement à d'autres modèles de la gamme Jeep, sa plateforme mécanique n'a jamais été conçue pour un usage hors route intensif.

Habitacle

Tristement, l'intérieur du Patriot reçoit le même type d'habillage de plastique qui empoisonne déjà la vie de la Dodge Caliber et du Jeep Compass. Heureusement, Jeep a pondu un nouvel intérieur pour 2009. Impossible au moment d'aller sous presse de vous donner nos impressions, mais les photos sont prometteuses. La disposition générale des commandes est irréprochable, et la nacelle d'instruments est facile à consulter et bien agencée. Il s'agit donc là d'un habitacle agréable, bien dessiné, mais qui a subi les assauts impitoyables de comptables féroces afin de réduire les coûts de production jusqu'aux limites de l'acceptable. Si les sièges avant sont confortables et offrent un bon maintien latéral, les sièges arrière sont tellement courts qu'il est difficile d'y installer un siège de bébé. Les glissières de fixation des sièges avant pourraient être mieux dissimulées. On aurait aussi apprécié que le revêtement de sol de la baie de chargement se poursuive sur le dossier des sièges arrière rabattables. Le sélecteur de vitesses est placé à même la console centrale. Dans le cas de la version manuelle, le boîtier qui couvre la colonne de direction n'offre pas suffisamment de dégagement, et l'on s'y heurte le genou en manœuvrant l'embrayage.

Mécanique

Incroyable mais vrai pour un Jeep : la motricité aux quatre roues est offerte en option. C'est certainement là une pure aberration pour les fondamentalistes de la marque. Le moteur de 2,4 litres, un tantinet rugueux, fruit d'une collaboration avec Hyundai et Mitsubishi, se tire très bien d'affaire et peut être jumelé à une boîte de vitesses manuelle à 5 rapports ou à une boîte automatique du type CVT. Cette dernière est également calibrée pour simuler un mode manuel et mettre un peu de piquant dans ce qui est, autrement, le comportement toujours déconcertant d'une CVT. Si les accélérations départ arrêté de cette boîte sont un peu poussives, les reprises ont de la vigueur.

Comportement

Bien qu'il soit un peu haut sur ses roues, le Patriot a presque la tenue de route d'une voiture. À ceci près que Jeep a opté pour un tarage très souple des suspensions et pour un grand débattement des amortisseurs afin d'améliorer les capacités hors route du véhicule. Cette combinaison de souplesse et d'élongation procure un grand confort lors de longs trajets sur l'autoroute, mais provoque un affaissement excessif du train avant lors de manœuvres rapides.

Conclusion

En version de base, muni d'une boîte de vitesses manuelle, mais en ajoutant l'option des quatre roues motrices, le Patriot peut être un petit véhicule pratique et passe-partout qui n'a pas d'équivalent. Pas à un prix aussi bas, du moins. Il ne faut cependant pas se laisser leurrer par la liste des options qui font grimper la facture dans une zone où, là, le Patriot fait face à une concurrence sérieuse.

Deuxième avis : Daniel Rufiange

Difficile de comprendre la logique de Jeep. Depuis trois ans, trois nouveaux modèles sont apparus que déjà, la survie de certains est menacée. En lançant le tandem Compass/Patriot, Jeep a voulu séduire à la fois ses clientèles féminine et masculine. Mais pourquoi ? Bon, reste que le Patriot fait partie de la famille Jeep, ce qui signifie qu'il offre des capacités hors routes très intéressantes. Il n'est handicapé réellement que par son anémique moteur à 4 cylindres de 2,4 litres, un exemple de paresse mécanique. La boîte de vitesses manuelle permet d'en soutirer le maximum, mais il faudrait revoir la motorisation, sans nécessairement pencher vers un V6. Ses principaux atouts : son format raisonnable et son prix sous la barre des 20 000 $ en version de base.